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MT Sanchi

Nom
MT Sanchi
Date de l'accident
06/01/2018
Lieu
Milieu de la mer de Chine orientale
Zone du naufrage
Chine - Japon
Zone du déversement
Pleine mer
Cause de l'accident
Collision, Conditions météo
Quantité transportée
136 000 tonnes de condensat + fioul de propulsion : 1 000 à 2 000 tonnes d’IFO 380
Nature polluant
Condensat (pétrole brut très léger) + fioul lourd (propulsion)
Quantité déversée
Au maximum : 136 000 tonnes de condensat + fioul de propulsion : 1 000 à 2 000 tonnes d’IFO 380
Type de navire / structure
Pétrolier (Double coque)
Date de construction
2008
Longueur
274,00 m
Largeur
50,00 m
Pavillon
Panaméen

L’accident

Suite à une collision avec un vraquier hongkongais le CF Chrystal , en route pour la Chine, le pétrolier iranien MT Sanchi en route pour la Corée du sud, a pris feu, le 6 janvier 2018, à environ 300 km au large de Shangai. La collision s’est produite dans la plus importante zone de pêche de la Chine. Poussé par des vents violents et de fortes vagues, les conditions météorologiques étant mauvaises, il a dérivé pendant plus d’une semaine. Le 10 janvier, une partie du pétrolier explose et les opérations d’extinction, menées par le gouvernement chinois, sont interrompues.  Le 13, de nouvelles tentatives pour arrêter l’incendie sont entreprises et une équipe de secours chinoise monte à bord et récupère l’enregistreur de données du MT Sanchi. Le 14 janvier, le pétrolier explose entièrement et sombre par 115 m de fond au large de l’archipel japonais Ryūkyū. Sur 32 membres de l’équipage (30 Iraniens et deux Bangladais) du MT Sanchi, 3 corps sont retrouvés et 29 sont portés disparus.

 

Le polluant

Après le naufrage, une partie des 136 000 tonnes de condensat qui s’échappe encore brûle rapidement à la surface, occasionnant une impressionnante pollution atmosphérique.  Le 15 janvier, l’incendie a cessé et compte tenu de sa faible viscosité, le condensat s’est en grande partie évaporé et/ou largement étalé à la surface de la mer, formant un film fin et irisé dont la superficie a été estimée jusqu’à 300 km2 par les autorités chinoises.  Malgré une forte agitation de la surface de l’eau dans la zone qui a favorisé la dispersion naturelle du condensat, le 16, des nappes fractionnées sont observées par la garde côtière japonaise à 27 km au nord du lieu de la collision. Le 21 janvier, la marée noire est évaluée, par l’administration océanique d’état chinoise, à environ 330 km2. Dès le 22, la pollution était moins apparente en mer mais le 23, une vingtaine d’embarcations continuaient malgré tout à effectuer des observations. Le 2 février, les premières boulettes de pétrole, pouvant provenir des résidus de brûlage du condensat ou du fioul lourd, touchent le littoral des îles du sud du Japon. Le 23 février, au moins 16 îles sont impactées et 90 tonnes de déchets ramassées.

Les autorités chinoises ont eu de grandes difficultés à anticiper les impacts environnementaux et sanitaires de ce déversement en raison des informations contradictoires sur le comportement des hydrocarbures déversés et des résultats, parfois opposés, des modèles de dérive.

 

La lutte 

Le gouvernement chinois a mobilisé très rapidement des opérations de sauvetage en collaboration avec la Corée du sud et le Japon afin de retrouver l’équipage du pétrolier. Mais du fait de l’incendie et de la chaleur occasionnée et des épaisses fumées, les opérations de sauvetage se sont avérées compliquées. Une quinzaine de navires présents sur zone ont participé aux opérations de secours, de récupération des hydrocarbures et de lutte contre l’incendie. Le vraquier qui transportait des céréales n’a pas subi de dommages majeurs, il a été conduit au port de Zhoushan après l’évacuation complète des 21 membres d’équipage. Les autorités chinoises ont maintenu pendant plusieurs jours un important dispositif de surveillance aérienne et maritime dans le but de suivre l’évolution les nappes de condensat et les rejets dus au fioul de propulsion, hydrocarbure lourd et visqueux.

Se fondant sur des informations émanant du Centre national de sauvetage en mer, le site chinois www.eworldship.com/html/2018/OperatingShip_0123/135874.html indiquait que lors d’une soixantaine d’opérations de lutte en mer menées par des embarcations de toutes sortes, le bilan au21 janvier était le suivant :

  • 27 tonnes de dispersants utilisées
  • 440 tonnes d’absorbants employées
  • 800 mètres de barrages déployés

Le site précise qu’un robot sous-marin a plongé autour de l’épave pendant 2 jours et réussi à observer une  brèche au point de collision, sur le flanc droit de la coque du MT Sanchi. Celle-ci est de forme triangulaire et longue de 35 mètres dans sa section la plus grande.

Il s’agit avant tout d’une catastrophe humaine.

Mais c’est aussi le plus important rejet de condensat dans l’environnement observé jusqu’à ce jour, le pétrole brut très volatil a brûlé pendant une dizaine de jours occasionnant une pollution atmosphérique majeure. La  partie du condensat qui s’est consumée dans l’air et celle qui s’est répandue dans la mer sont inquantifiables.

Les autorités maritimes chinoises se sont activées rapidement autour du lieu du naufrage, mais n’ont pas laissé filtrer d’information, en particulier en ce qui concerne les  conséquences environnementales. Les médias japonais et taïwanais restent eux aussi très pauvres en informations.

Les dommages économiques pour la pêche peuvent être importants, ils devraient être payés par les  assureurs des parties concernées. Selon les estimations de la NIOC (National Iranian Oil Company), les dégâts financiers causés par le MT Sanchi s'élèvent à environ 110 millions de dollars américains : 60 millions de dollars américains pour le fret et 50 millions de dollars américains, pour le navire lui-même.

 

Conclusion

Cet accident maritime est peu commun :

  • la collision s’est effectuée entre  deux navires modernes, le MT Sanchi construit en 2008, possédant une double coque et le vraquier CF Chrystal construit en 2011
  • la pollution pétrolière est située à la frontière maritime de deux pays : la Chine et le Japon
  • la zone de trafic au niveau de la collision est une zone de trafic dense
  • la pollution a été plus importante pour l’atmosphère que pour le milieu marin
  • le condensat, est un produit pour lequel, l’impact dans l’environnement (air et mer) est peu voir, pas connu. Les effets du fioul lourd sur l’environnement sont en revanche connus et dommageables pour l’environnement.

 

Plus d'information

Vidéo du déversement. Formation des nappes d'hydrocarbure en mer autour du pétrolier le 15 janvier 2018 et incendie à bord du MT Sanchi

Dernière modification: 23/10/2018