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Déversements de polluants dans le monde - 2017

Localisation des déversements

En 2017, le Cedre a recensé 33 évènements ayant entraîné des déversements de polluants supérieurs ou équivalents à 10 m³   environ, d’une part, et suffisamment renseignés pour faire l’objet d’une exploitation statistique, d’autre part.

 

 
 
 

 

 

Mer et littoral

Nombre de déversements par domaine

Ces déversements se sont produits en mer pour plus de la moitié des cas (fréquence d’environ 58 %), puis en eaux littorales et portuaires (fréquences d’environ 18 % et 15 %, respectivement, des cas). Un peu moins de 10 % sont survenus dans des estuaires. Le nombre d’évènements recensés en 2017, légèrement supérieur à la valeur médiane calculée sur les 13 années précédente (29 incidents annuels pour la période 2004-2016), est conforme à la médiane calculée pour les années 2010.

 

 

 

 
 
 
Quantités déversées par domaine

La quantité cumulée d’hydrocarbures et autres substances dangereuses déversée, de l’ordre de 15 400 tonnes, est en revanche nettement inférieure à la médiane estimée selon la même approche sur les 13 années antérieures (de l’ordre de 30 600 tonnes). Les quantités déversées en 2017 l’ont été très majoritairement en mer, en lien essentiellement avec : la perte d’une cargaison d’oxyde de magnésium en Manche (Cf. LTML n°45) ; la fracture, en octobre, d’une conduite sous-marine offshore aux États-Unis et la perte en mer d’un pétrolier, dans le Golfe d’Aden, au mois de juin. Pour le reste, les quantités déversées en eaux estuariennes sont largement à mettre en relation avec la submersion d’installations pétrolières bordant le Houston Ship Channel, lors du passage de l’ouragan Harvey sur l’état du Texas à la fin août. Les eaux portuaires et littorales ont été relativement moins concernées par les volumes déversés recensés en 2017 (volumes dont on rappellera, cependant et comme pour les années précédentes, qu’ils sont probablement sous-estimés du fait d’informations disponibles parfois imprécises).

 

Nombre de déversements et quantité déversée par type de produits

Les pollutions significatives de 2017 ont dans leur grande majorité (plus de 80 % des évènements) impliqué des hydrocarbures (Fig. 1).

 

 

Ce sont les déversements d'hydrocarbures qui ont marqué 2017, en particulier les produits raffinés (environ 50 % des cas), devant les pétroles bruts (environ 20 % des cas) et, enfin, les hydrocarbures non précisés (environ 12 % des cas). Parmi les produits raffinés, on distinguera la prévalence (21 % des cas) des produits lourds/intermédiaires de grades IFO non précisés, devant les raffinés légers (15 % des évènements, impliquant le plus souvent du gazole). Les déversements impliquant des raffinés intermédiaires, d’une part, et lourds, d’autre part, ont été recensés à hauteur de 6 % et 3 % respectivement des cas (fig. 1). De façon analogue, les hydrocarbures dominent largement au sein du cumul des volumes. Recensés en 2017, dont ils représentent approximativement les ¾  avec, en premiers contributeurs, les produits raffinés (environ 45 % du bilan), puis les pétroles bruts (environ 17 % du volume total) et, enfin, les hydrocarbures non précisés (environ 11 % du volume total) (fig.2). On notera que la contribution des produits raffinés est largement (à 80 %) attribuable aux produits légers, le reste correspondant pour une large part (16 %) aux produits lourds/intermédiaires de grades IFO non précisés.

Il faut noter la sous-estimation, dans le bilan présenté, de la catégorie huile végétale. En effet, si des sources de presse ont rapporté un déversement de près de 1 000 tonnes d’huile de palme suite à l’accident du Global Apollon, nous n’avons pas à ce jour recueilli suffisamment d’éléments nous incitant à confirmer ce chiffre. Avec 3 cas identifiés, les déversements significatifs de substances chimiques ont été peu fréquents, s’agissant de 2 déversements correspondant, respectivement : à la catégorie Minerai, sels, cristaux, poudres (dont la contribution relativement élevée au bilan déversé est essentiellement à assigner à la perte en mer d’une cargaison d’oxyde de magnésium suite au naufrage d’un vraquier ;Cf. LTML n°45) et à la catégorie Pétrochimie (fig.1).

 

Eaux intérieures

Fréquence des déversements accidentels par type de source

En 2017, 31 accidents suivis de pollutions significatives (≥ 10 t.) ont été identifiés en eaux intérieures, soit une valeur inférieure aux nombres médians exprimés : pour la période 2004-2016 (37, d’après les données collectées de façon analogue); sur la période 2004-2010 (40) puis la décennie en cours (35 sur 2011-2016). Dans la lignée du constat de 2016, 2017 apparaît donc comme une année durant laquelle le nombre d’accidents significatifs identifiés par le Cedre s’est avéré légèrement inférieur au schéma antérieur, d’avant 2010 notamment. L’analyse des données suggère une tendance à la stabilité, sinon à une légère baisse, du nombre de déversements supérieurs à 10 m³  rapportés dans nos sources d’informations.

 

En 2017, les installations pétrolières terrestres ont représenté la source la plus fréquente des pollutions significatives d’eaux intérieures portées à notre connaissance, en totalisant près de 40 % (dont 16% liés à des dépôts pétroliers, et autant à des puits). Viennent ensuite les pipelines terrestres, les navires (barges citernes surtout) et les installations terrestres diverses (installations agricoles en tête), catégories chacune à l’origine de 13 % des évènements. Les installations industrielles terrestres ont été à l’origine d’environ 10 % des évènements (en lien avec des accidents de centrales énergétiques, et de sites industriels divers -en l’occurrence chimiques/pétrochimiques, d’une part, et sidérurgiques, d’autre part), une fréquence équivalente à celle des camions citernes.

 

 

Quantités déversées par type de source

L’incertitude liée au caractère lacunaire des données identifiées en termes de volumes déversés pénalise l’identification des contributions relatives des divers types de sources au bilan de 2017. Certaines étant à l’évidence sous-estimées. Malgré la réserve qu’impose ce constat, et en excluant la contribution écrasante au bilan de l’année des installations de traitement/épuration des eaux (liée à un seul évènement de déversement d’eaux usées), on notera celle des pipelines terrestres, proche de 7 700 tonnes (largement attribuables à un déversement d’eaux chargées en matières minérales, lors d’un incident en cours de travaux de construction d’un pipeline aux États-Unis).

La seconde contribution visible est celle des puits, qui s’élève à environ 20 % du bilan. Celle-ci s’explique par 5 accidents survenus sur des puits, suivis pour la plupart de déversements d’ampleur modérée (1 à quelques dizaines de tonnes), mais dont un a impliqué plus de 2 500 tonnes d’eaux chargées en hydrocarbures (rupture d’une ligne de collecte sur un puits aux États-Unis). L

es dépôts pétroliers représentent environ 12 % du bilan (exprimé hors installations de traitement/épuration des eaux), en lien avec 5 déversements dont nos informations indiquent qu’un d’entre eux a atteint de l’ordre du millier de tonnes (aux USA, par suite du passage de l’ouragan Harvey sur le littoral texan à la fin août 2018.

La contribution des barges citernes au volume déversé dans l’année est sensiblement équivalente (11 %), avec des déversements de quelques dizaines de tonnes et 1 supérieur à 1 000 tonnes.

Les autres sources ont contribué de façon négligeable (à hauteur de moins de 3 %) ou inconnue au total estimé en 2017.

 

Quantités déversées par type de polluant

Sur la base des données portées à notre connaissance (indisponibilité de chiffres pour certaines catégories de polluant), et hormis les 106 000 tonnes d’eaux usées assignables à 1 évènement, la plus forte contribution au bilan 2017 apparaît celle des hydrocarbures. Ces derniers totalisent a minima près de 5 300 tonnes de produits pétroliers déversés, soit une contribution totale (sous-estimée) au bilan annuel de 35 % environ. Parmi ces produits pétroliers on distinguera :

  • les hydrocarbures non précisés, totalisant environ 3 200 tonnes, soit environ 20 % du bilan global. Cette contribution découle d’un peu moins d’une dizaine de déversements, dont la plupart compris entre 1 à quelques dizaines de m³, et 1 de plus de 2 500 m³ (s’agissant d’eaux chargées en hydrocarbures non précisés) ;
  • les raffinés légers (produits blancs de type gazole, essence), en seconde position à hauteur de 13 % du bilan environ, en lien avec 7 évènements -généralement d’ampleur modérée (médiane de 30 m³ ) à l’exception d’un déversement de plus de 1 500 m³ d’essence survenu aux États-Unis (Texas, août 2017) à partir d’un dépôt pétrolier ;
  • à noter, à défaut de données précises sur les volumes, la présence dans le bilan des biocarburants et des condensats, en lien avec des déversements manifestement supérieurs à 10 m³ suite à des ruptures, respectivement, de pipeline (USA) et de conduites internes dans l’enceinte d’un dépôt pétrolier (Canada), à l’hiver 2017.

 

La contribution des produits chimiques au bilan (exprimé hors eaux usées) est d’environ 11 %, soit bien inférieure pour 2017 à celle estimée pour les hydrocarbures dans leur ensemble. Hormis un déversement d’une base (soude), apparemment significatif mais pour lequel nous ne disposons pas de données chiffrées fiables, cette catégorie est quasi-entièrement représentée par la catégorie des engrais minéraux liquides, en lien avec 4 déversements totalisant près de 1 700 m³  (dont 1 de 1 500 m³ environ, et 3 autres compris entre 40 et 90 m³). La catégorie des matières minérales a aussi significativement contribué au bilan total de 2017, dont elle représente environ la moitié (hors eaux usées), en lien avec 1 déversement de l’ordre de 7 500 tonnes de fluide à base de bentonite à partir d’un pipeline en cours de construction aux États-Unis.

 

Plus d'infos

Téléchargez la Lettre Technique Mer & Littoral n° 46 de 2017

Téléchargez la Lettre Technique Eaux Intérieures n° 27 de 2017

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