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Quelles quantités de déchets y a-t-il en mer ?

Campagnes d'échantillonnage et études.

Les campagnes d'échantillonnage de l'Ifremer

L'étude par l'Ifremer de la pollution du milieu marin par les macro-déchets a débuté à la fin de l'année 1992 afin d'évaluer les quantités de déchets présents sur le plateau continental français. Ces campagnes avaient ainsi un objectif essentiellement quantitatif.
 
De 1992 à 1998, environ trente campagnes océanographiques ont été effectuées, complétées par des observations par submersibles habités (Cyana et Nautile).
 
Diverses méthodes sont employées pour mener à bien ces études :
- Chalutage à perche ou à panneaux ;
- Observations par submersibles ;
- Observations directes et repérage par survol aérien pour les déchets flottants.
 
Les résultats donnent des indications sur les quantités de déchets présents et sur leur localisation précise, mettant en évidence l'existence de zones d'accumulation près de la côte et aussi en profondeur, jusqu'à 2000 mètres de fond. Les plastiques constituent le matériau prépondérant parmi les débris trouvés au fond de la mer (de 60 à 95 % selon les sites).
 
Ces études permettent de dresser un bilan de la situation des plateaux continentaux des côtes européennes (cf. tableau ci-dessous).

Zones de plateau

Nombre de débris à l'hectare

Nombre de plastiques à l'hectare

Mer Baltique

1.26

0.45

Mer du Nord

1.56

0.754

Baie de Seine

0.072

0.064

Mer Celtique

0.178

0.103

Golfe de Gascogne

1.42

1.128

Golfe du Lion

1.43

0.92

Méditerranée Nord-Ouest

19.35

-

Est Corse

2.29

1.05

Mer Adriatique

3.78

1.63

Les estimations du nombre de déchets gisant au fond des mers font état de :
- 150 millions pour la mer du Nord ;
- 50 millions pour le golfe de Gascogne entre 0 et 200 mètres de profondeur ;
- 175 millions pour le bassin nord-ouest de la Méditerranée entre 0 et 200 mètres et 300 millions pour l'ensemble du bassin ;
- 40 millions pour la mer Adriatique entre 0 et 200 mètres.
Les fonds situés à plus grande profondeur ne sont pas épargnés puisque l'on relève 15 débris à l'hectare par 1800 mètres de fond dans le golfe de Gascogne, et plus de 100 en Méditerranée à 1000 mètres de profondeur. Les densités maximales se rencontrent près des grandes villes méditerranéennes où elles peuvent être supérieures à 1500 débris à l'hectare (Marseille et Cap Ferrat) mais également plus au large puisqu'elles peuvent atteindre 500 déchets par hectare dans le lit profond du Rhône, à 2000 mètres de profondeur.
 
Concernant les déchets flottants, il n'existe que très peu d'évaluations. A titre d'exemple, les déchets flottants dans le golfe du Lion sont estimés à 5,5 millions, répartis de façon quasi-homogène mais avec de plus fortes densités à proximité de Marseille. Pour l'ensemble de la Méditerranée, il s'agit de près de 750 millions de détritus qui circulent au gré des courants et des vents !

 

Autres études

D'autres études sont menées à travers le monde pour quantifier et déterminer la nature et l'origine des déchets gisant au fond des océans : Ecosse, Alaska, Grèce, Californie, Australie, Caraïbes, etc. Ces travaux montrent la prépondérance du plastique (et dans une moindre mesure du métal) dans les échantillons de débris étudiés, ceci étant dû à la large utilisation de ce matériau et de sa faible biodégradation. Les principales sources de pollution varient selon les situations : trafic maritime, activités terrestres, pêche,.
 
Certaines campagnes réalisées sur plusieurs années mettent en évidence une aggravation sensible de la situation. Dans le détroit de Sicile (entre la Sicile et la Tunisie), une étude de 1995 montre que la proportion d'échantillons contenant des déchets est passée de 31,5 % en 1985 à 83,6 % en 1994. (Cannizzaro et al, 1995).
 
Aux Etats-Unis, le Centre Scientifique des Pêches du Sud-Est (SFSC) du Service National des Pêches Maritimes (NMFS) a comptabilisé les objets flottants à travers le golfe du Mexique avec des avions légers. Ces décomptes ont démontré des variations géographiques et saisonnières d'abondance des débris, le maximum saisonnier se rencontrant en automne. Ils n'ont cependant jamais signalé des concentrations suffisamment importantes pour justifier des opérations de récupération en mer.

Dernière modification: 22/08/2000