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Comment les macro déchets se déplacent-ils ?

Les macro déchets sont véhiculés grâce à trois facteurs principaux : les cours d'eau, les courants marins, le vent. Les dépôts constituent également un phénomène impliquant différents paramètres.

Les cours d'eau

Les cours d'eau constituent le vecteur principal de circulation des déchets de l'intérieur des terres vers le littoral. Ils drainent aussi bien des déchets d'origine naturelle, comme le bois, que des déchets provenant des agglomérations traversées, des usagers des cours d'eau (pêcheurs, sportifs,.) et des décharges sauvages situées à proximité des berges.
 
Le flux continu de l'amont vers l'aval entraîne une augmentation inéluctable des macro-déchets aux embouchures, estuaires et deltas.
 
La pluviosité est donc un paramètre indispensable à prendre en compte puisque les précipitations agissent à deux niveaux :
- en provoquant des crues qui entraînent avec elles des débris végétaux ainsi que des éléments de décharges sauvages localisées sur le lit majeur ;
- en entraînant le débordement des égouts, les détritus présents dans l'eau n'étant alors plus stoppés par quelque traitement que ce soit.
 
A titre d'exemple, une campagne menée par IFREMER en août 1998 met en avant le rôle de l'Adour dans le transport de déchets dans le golfe de Gascogne, les concentrations les plus élevées se rencontrant de part et d'autre de l'embouchure du cours d'eau.

 

Les courants marins

L'importance des courants marins dans le transport des déchets a été mise en évidence notamment dans le cas des déchets espagnols et italiens. En 1982, une étude (Loubersac, 1983) a souligné l'importance des courants dans la répartition des déchets sur le littoral armoricain. Ils sont facilement entraînés par les courants et restent piégés dans les zones de faible hydrodynamisme.
 
Il est apparu notamment dans l'estuaire de la Gironde, que les zones d'accumulation de vases correspondent aux zones d'accumulation de déchets non flottants. Au contraire, en Manche, les importants mouvements d'eau vers le channel anglais et la Mer du Nord contribuent à diluer les déchets dans la masse d'eau.
 
D'autre part, les résultats des études d'IFREMER mettent en évidence de fortes variations saisonnières de concentrations des déchets sur le plateau continental, ce qui indique que les courants "balayent" les macro-déchets (Galgani et al, 1995).

 

Le vent

A terre, le vent emporte des déchets légers de décharges sauvages, de poubelles éventrées, d'activités industrielles et agricoles, d'aires de pique-niques vers les cours d'eau et la mer.
 
En mer, le rôle joué par le vent dans la circulation des déchets est plus difficile à établir. En effet tous les déchets ne présentent pas la même vulnérabilité à ce facteur. Il est évident par exemple que le polystyrène y est plus sensible qu'un amas de cordages. D'autre part la difficulté réside dans le fait d'évaluer le résultat de l'interaction entre le vent et le courant. Toutefois des études (ex : Brown 1991, Jokiel 1990) ont montré que la direction du vent fournit de meilleurs prédictions de dérive des objets flottants que l'analyse des courants.

 

Les dépôts

La houle dépose les déchets sur l'estran en déferlant : les dépôts se font principalement sous forme de laisses de mer qui marquent la limite haute du niveau de la mer. Lors des marées de mortes eaux, on peut observer plusieurs cordons de laisses de mer, chacun étant le signe d'un coefficient différent. Au contraire, en vives eaux, un seul cordon est présent, situé plus ou moins haut sur la plage en fonction des coefficients.
 

Laisse de mer au Pyla (Source Cedre)
Laisse de mer au Pyla (Source Cedre)

Du fait de l'hydrodynamisme et de la configuration du trait de côte, il existe des zones privilégiées de concentration des déchets flottants.

Les dépôts de déchets provenant de l'intérieur des terres se manifestent principalement par une accumulation aux embouchures des cours d'eau et des sorties d'égouts. Les déchets abandonnés sur place se concentrent aux abords des accès de plage, des marchands et des postes de secours (une étude du ministère de l'environnement montre que les usagers des plages restent concentrés dans un rayon de 500 mètres autour des accès).
 
Après leur échouage, les déchets sont encore susceptibles d'être déplacés, notamment par le vent. La végétation côtière constitue alors un piège où s'accumulent les déchets envolés.
 
On peut ainsi considérer qu'il existe quatre zones de dépôt :
- la laisse de dernière marée ;
- la laisse des plus hautes mers ;
- la zone d'envol et de piégeage des déchets légers ;
- les zones de concentration : accès des plages, embouchures des cours d'eau, anses, criques.

Itinéraire simplifié des macro déchets (cliquer pour agrandir)
Itinéraire simplifié des macro déchets (cliquer pour agrandir)

Un exemple d'étude : l'Opération 1 000 bouteilles à la mer

Afin d'étudier la dérive des déchets flottants, 1 000 capsules ont été larguées le 05 novembre en Baie de Seine ainsi que 3 bouées dérivantes . Vous pouvez suivre la dérive de ces bouées au jour le jour sur notre site.
 
Le 5 novembre 2002, mille capsules ont été larguées en Baie de Seine. Chacune d'entre elle contient un message et une enveloppe affranchie, voués à être renvoyé à l'association AQUACAUX qui a pour mission l'entretien des plages situées entre Le Havre et le Cap d'Antifer. Trois bouées dérivantes PTR ARGOS que l'on peut suivre en temps réel (voir carte) ont également été larguées par le Cedre. Grâce aux résultats de cette opération nous pourrons disposer de données sur la dérive des déchets flottants qui souillent les côtes normandes et d'en identifier leur provenances. Ces recherches intéressent plusieurs organismes et plus particulièrement la préfecture maritime, l'Ifremer, MétéoFrance et l'Epshom.
 
Information du 12/11/2002 : Les trois bouées ont été retrouvées (2 par l'association AQUACAUX et une par un particulier) aux alentours d'Octeville sur Mer.

Position des bouées le 07/11/2002 à 09h00 (Source Cedre) (cliquer pour agrandir)
Position des bouées le 07/11/2002 à 09h00 (Source Cedre) (cliquer pour agrandir)
Position des bouées le 08/11/2002 à 06h30 (Source Cedre) (cliquer pour agrandir)
Position des bouées le 08/11/2002 à 06h30 (Source Cedre) (cliquer pour agrandir)
Position des bouées le 08/11/2002 à 09h30 (Source Cedre) (cliquer pour agrandir)
Position des bouées le 08/11/2002 à 09h30 (Source Cedre) (cliquer pour agrandir)
Dernière modification: 12/11/2002