Vous êtes dans :

Comment caractériser les déchets sur le littoral ?

L'approfondissement de la connaissance du phénomène des macro-déchets sur le littoral passe par la réalisation d'inventaires à l'échelon local. Ces analyses permettent d'évaluer les quantités de déchets échoués, de définir leurs caractéristiques et de déterminer leurs origines.

Contexte

De façon générale, les déchets sont répertoriés par catégories en fonction de leur matériau constituant : plastique, verre, métal, bois, papier, textile,... ; Des sous-catégories permettant de définir l'origine des détritus échoués viennent affiner les données.
 
 Le mode de comptabilisation (volume, poids, nombre) est fixé en fonction des moyens humains et matériels, du temps disponible et des objectifs fixés. Il s'agit là du premier niveau nécessitant une harmonisation entre les différents acteurs impliqués dans la collecte des macro-déchets. En effet, comment comparer des données exprimées en unités différentes ?
 
 Une étude de K. Velander et M. Mocogni de l'université d'Edimbourg a cherché à comparer dix stratégies d'échantillonnage de macro-déchets. Chaque méthode a été utilisée sur chacun des seize sites retenus sur la côte Est écossaise (Firth of Forth) ; les résultats des dénombrements ont été comparés pour vérifier s'il apparaissait des différences significatives.
 
 Ainsi, pour les auteurs, le choix de la méthode dépend des objectifs de l'étude : estimation des macro-déchets récemment échoués, anciennement échoués, ou des deux types. De même, si la présence d'un déchet particulier (filets, verre,... ) est le but de l'étude, certaines méthodes sont meilleures que d'autres. Par ailleurs, chaque procédé doit être choisi en tenant compte des éléments tels que la topographie du site, la quantité de déchets naturels ou la quantité de déchets présents et leur composition.

 

Mieux appréhender les échouages pour mieux agir

De plus en plus de structures interviennent sur le terrain pour collecter les macro-déchets (associations, collectivités locales, entreprises privées,...), ce qui permet de disposer de données qualitatives et quantitatives au niveau local. Malheureusement il n'existe pas de méthodologie d'échantillonnage standardisée. Les résultats des relevés sont donc difficilement comparables, ce qui empêche toute vision globale de la situation et entrave les échanges d'informations. Il serait donc souhaitable de mettre en place un réseau d'observation au niveau national.

Pourquoi ?
- Avoir une vision objective du phénomène. - Mesurer l'efficacité des actions préventives et curatives engagées. - Disposer de données pour montrer l'ampleur du problème afin d'encourager les décisions politiques.

Comment ?
- En définissant une méthode standardisée d'échantillonnages. - En déterminant des sites pilotes à surveiller. - En créant une interface permettant la saisie informatique des données et leur mise en réseau via Internet.

Qui ?
- Des relais locaux disposant de moyens de collecte des macro-déchets, associations locales,... - Une structure coordinatrice, qui reste à définir et à financer.

Dans quel cadre ?
- Le programme européen LITTER pourrait constituer une option possible.

 

Qu'est-ce que le programme européen LITTER ?

OSPAR Commission
OSPAR Commission

A l'initiative de l'IMPACT (groupe de travail chargé d'étudier l'impact des activités humaines sur l'environnement marin) de l'OSPAR (convention de Paris pour la protection de l'environnement marin de l'Atlantique Nord-Est), le projet pilote LITTER a pour objectifs :
 
- D'identifier une sélection représentative des plages de référence à travers la zone OSPAR.
 
- De développer et de tester un protocole d'observation harmonisé.
 
- D'assurer une bonne qualité des méthodes utilisées et des données générées.
 
- De produire un premier rapport d'évaluation des tendances concernant les différents types et les sources de déchets dans la zone OSPAR.
 
- D'étendre le réseau de plages de référence aux parties contractantes qui ne participent pas au projet pilote.
 
- De suggérer, à partir de l'expérience acquise, comment la surveillance des déchets pourrait être poursuivie dans le cadre de la surveillance de l'état de l'environnement dans la zone OSPAR.
 
Le projet est coordonné par l'agence suédoise pour la protection de l'environnement sous la forme d'un groupe de travail par correspondance prévu pour trois ans, auquel se sont inscrits l'Allemagne, la Belgique, la France (correspondant : ADEME), l'Islande, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suède.

Dernière modification: 25/08/2000