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Comment éviter l'arrivée des déchets ?

L'arrivée des déchets des cours d'eau en mer peut être évitée ou tout au moins réduite par :
- la résorption des décharges,
- l'interception des déchets flottants,
- le changement du comportement individuel des riverains et usagers.

Par la résorption des décharges le long des cours d'eau

La résorption des décharges est un aspect essentiel dans la lutte contre les macro-déchets rejetés sur le littoral. En effet il existe encore à l'heure actuelle de multiples décharges (sauvages ou non) dont le contenu peut être emporté par les eaux vers le littoral. Les déchets sont transportés par le vent pour les plus légers. Les autres affluent lors de crues ou d'effondrements des berges. Il est donc indispensable d'évacuer les détritus susceptibles d'être emportés.
 
Aujourd'hui de nombreuses communes cherchent à réhabiliter ces dépôts avec le concours de structures telles que les conseils généraux ou les parcs naturels régionaux, aussi bien à l'intérieur des terres qu'en domaine littoral. Toutefois, les délais de ces réhabilitations sont longs du fait des moyens financiers et techniques importants à mettre en œuvre.

 

Par l'interception des déchets flottants

La récupération des déchets au moyen de filets sur les cours d'eau peut être envisagée sur certains tronçons dans la mesure où cela ne gêne pas les autres usages (navigation, activités de loisirs). Les écluses et les barrages peuvent également constituer des sites adaptés à une collecte régulière. Les aspects pratiques (éléments de rétention, mode et fréquence de collecte, évacuation des déchets) doivent être étudiés en fonction du contexte local de chaque situation (débit, navigation, crues potentielles, accessibilité).
 
Un des principaux problèmes concerne la résistance des dispositifs face à des objets flottants volumineux ou en quantité exceptionnelle, le danger majeur provenant du bois à la suite des crues d'orages. L'ouvrage doit donc être en mesure de résister à la forte pression exercée par l'accumulation des déchets.
 
Si cette pratique était généralisée, l'élimination des macro-déchets circulant sur le réseau hydrographique pourrait être intégrée dans les outils de gestion d'eau tels que les contrats de rivière (initiés par les collectivités locales et les associations de riverains et d'usagers, et pilotés par des comités de rivière représentant l'ensemble des acteurs de l'eau à l'échelle locale) ou les SAGE (schémas d'aménagement et de gestion des eaux).

 

Par le changement du comportement individuel des riverains et usagers

Ces opérations techniques ne seront efficaces que si elles sont réalisées en complément d'actions éducatives. La relation entre les activités terrestres éloignées du littoral et la pollution du milieu marin étant souvent mal perçue, il est indispensable que chacun soit conscient des conséquences de ses actes. Cette prise de conscience favorisera l'évolution des comportements vers une attitude plus responsable vis-à-vis d'actes de négligence, trop souvent perçus comme minimes face aux pollutions accidentelles.

 

Un exemple de gestion des déchets à l'échelle du bassin versant

Une analyse sur les origines et les filières de récupération des déchets flottants de l'Adour a été réalisé pour le compte de l'Institution Interdépartementale pour l'Aménagement Hydraulique du bassin de l'Adour.
 
Le résultat de cette analyse montre que les quantités peuvent varier de 18 000 m³ à 40 000 m³ pour la façade Nord Pyrénées Atlantique. Les déchets comptabilisés sont constitués essentiellement de bois. Le bureau d'études chargé de l'analyse propose un schéma directeur pour réduire les arrivages de bois sur la côte. Ce schéma, qui concerne cinq sites sur lesquels un barrage hydroélectrique est en place ainsi que des zones d'accumulation naturelle, envisage différentes options d'élimination des déchets et tente d'étudier les impacts des modes de récupération et d'évaluer les effets sur les quantités collectées.
 
Le traitement de ces déchets peut poser problème puisque s'ils ne sont pas considérés comme des déchets ultimes (non revalorisables), ils ne pourront plus être acceptés en centre d'enfouissement technique après 2002, en application de la loi du 13 juillet 1992.
 
Le ramassage des déchets au moyen d'embarcations peut être effectué seul ou en complément de structures fixes. Le principal avantage de cette méthode réside dans le très faible risque de dommages matériels en cas d'arrivée massive de déchets. Il faut noter également qu'elle est facilement adaptable aux contraintes du milieu, notamment en milieu estuarien où le marnage et les courants de flot (marée montante) et de jusant (marée descendante) rendent délicate l'implantation d'un barrage. Cependant, la collecte ne peut pas avoir lieu 24 heures sur 24 tout au long de l'année, ce qui diminue le rendement de ce procédé.

Barge récupératrice de déchets flottants sur la Seine (Source Cedre)
Barge récupératrice de déchets flottants sur la Seine (Source Cedre)
Dernière modification: 22/08/2000