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Quelles peuvent-être les actions à engager au niveau industriel ?

La lutte dans ce domaine peut prendre trois formes complémentaires :
- la réduction de la masse de matière dans un emballage donné ;
- l'usage privilégié de matériaux mieux dégradables, sinon biodégradables ;
- l'intégration des déchets du littoral dans le traitement des emballages.

La réduction de la masse de matière

Interrogés sur ce point, les fabricants répondent immédiatement que réduire la masse de matière dans un emballage fait partie de leurs priorités évidentes et donnent des exemples de réduction de poids de matière dans des récipients. De plus en plus, les emballages se multiplient, constitués de couches successives non dégradables. A titre d'exemple, une palette de bouteilles d'eau compte maintenant trois couches de plastique : les bouteilles, le film qui les regroupe par 6 et le film d'emballage global de la palette. Un paquet de gâteaux secs comprend de plus en plus souvent une couche d'emballages individuels (ou par groupes de 2 à 5 pièces) en plastique aluminé, une boite de carton plastifié ou de plastique et un film plastique de protection.
 
Les associations d'entretien du littoral sont souvent très critiques vis à vis de la multiplication des emballages individuels et des suremballages des coupe-faim que l'on emporte à la plage ou en bateau.

 

L'usage privilégié de matériaux mieux dégradables

La première réaction des fabricants de matière, lorsqu'on les interroge sur les matières plastiques biodégradables, est d'écarter le sujet comme irréaliste. Pourtant, quelques documents montrent que des expérimentations existent sur le sujet. Une conférence sur les matériaux biodégradables et l'emballage s'est tenue à Natic (USA) en septembre 1993, au cours de laquelle des travaux ont été présentés sur les effets de trois plastiques biodégradables d'origine biologique (amidon de maïs, polyester " bactérien ", alcool éthylène-vinylique). Le " Marine Pollution Bulletin " de juillet 1994 comprend un article exposant un programme de recherche de l'Organisation de Science et Technologie de la Défense australienne sur les polymères biodégradables à base de chitine.
 
Aussi intéressante soit-elle, la réduction de la taille des déchets peut apporter en elle-même de nouveaux problèmes si ces déchets ne sont pas mieux dégradables que ceux d'aujourd'hui, en particulier le risque de devoir traiter un problème de micro-déchets dans quelques années. La sensibilité au vent risquant d'être plus importante, de tels déchets pourraient être dispersés de plus en plus vers l'intérieur des terres, dans des conditions où leur dégradation serait aléatoire (marais, champ, parking).

industrie1
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L'intégration des déchets du littoral dans le traitement des emballages

Un grand nombre d'industriels affichent aujourd'hui le logo du " Point vert " sur leurs emballages, signe qu'ils cotisent au système national de recyclage de leurs emballages, géré pour leur compte par la société Eco-Emballages. Un emballage qui s'envole ou tombe à l'eau n'est pas différent dans sa nature physique et juridique de l'objet pour lequel l'industriel a cotisé. Il ne serait donc pas choquant qu'une partie du coût de l'élimination des déchets du littoral, correspondant aux frais de recyclage des emballages " Point vert ", soit prise en charge par le système.
 
Ce point de vue simple se heurte à de multiples objections, en particulier la nécessité d'un tri des déchets " Point vert " et surtout le problème de leur état : souillés de sable et souvent de goudron, ils ne sont plus acceptables dans le circuit de recyclage en place.
 
On se demandera ainsi ce qui se passerait devant les tribunaux si les communes se tournaient en masse vers les entreprises dont elles ont identifié et ramassé des emballages sur leur littoral, en leur demandant de venir prendre en charge " leurs déchets ". Les entreprises argumenteraient évidemment quelles ne peuvent être tenues pour responsables de ce que leurs clients ont fait des emballages après achat de leur produit. Elles cotisent cependant pour le traitement de ces mêmes emballages ne leur appartenant plus.

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L'opération "Vacances Propres, Nature Propre"

Certains industriels de l'emballage s'impliquent sous forme de cotisation annuelle dans l'opération "Vacances Propres" qui vise à mettre à disposition des communes des sacs poubelles pour collecter les déchets des vacanciers, ceci depuis 1971. Ces sacs, rouges et blancs sur le littoral, permettent de pallier à l'augmentation saisonnière de la population dans les communes de la côte et de récupérer des déchets qui risqueraient d'être abandonnés dans la nature.
 
La collecte sélective est également testée sur certains secteurs en partenariat avec Eco-Emballages. Le public peut alors poursuivre sur ses lieux de loisirs les gestes de tri qu'il a à domicile.

Dernière modification: 29/08/2000