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YM Uranus

Nom
YM Uranus
Date de l'accident
08/10/2010
Lieu
France
Zone du naufrage
Au large d'Ouessant
Zone du déversement
Pleine mer
Cause de l'accident
Collision
Produit transporté
Pygas
Quantité transportée
6 500 tonnes
Type de navire / structure
Chimiquier (Double coque, ice capable)
Date de construction
2008
Lieu de construction
Turquie
Longueur
120,00 m
Largeur
16,90 m
Tirant d'eau
6,74 m
Pavillon
Maltais
Propriétaire
YM Uranus Tankers Ltd
Armateur
Ibex, Istanbul
Opérateur
V Ships UK Ltd
Société de classification
Bureau Veritas

Le vendredi 8 octobre 2010 vers 5h30, le chimiquier YM Uranus faisant route de Porto Marghera (Italie) vers Amsterdam (Pays Bas) est abordé sur bâbord arrière par le cargo vraquier Hanjin Rizhao en manœuvre de dépassement. Le chimiquier YM Uranus, construit en 2008, est chargé de 6 500 tonnes de Pygas (essence de pyrolyse) et le vraquier chinois, mis en service en juillet 2010, Hanjin Rizhao transporte de l'acier.

Équipe d'intervention sur le chimiquier YM Uranus
Équipe d'intervention sur le chimiquier YM Uranus

 

 

   Navires impliqués dans la collision

YM Uranus

Hanjin Rizhao

Longueur : 120 m

Longueur : 292 m

Pavillon maltais

Pavillon panaméen

Construction 2008

Construction 2010

Route de Porto Marghera (Italie) vers Amsterdam (Pays Bas)

Route de Las Palmas (Canaries) vers Rotterdam (Pays Bas)

Suite à cette collision, le chimiquier est en grande difficulté avec une voie d'eau importante à environ 30 milles à l'Ouest de Ouessant. Le Hanjin Rizhao reste sur zone pour éventuellement porter assistance au chimiquier qui accuse une gîte importante. Le CROSS Corsen reçoit un appel de détresse du YM Uranus à 5h30. Le Cedre est mis en alerte 15 minutes plus tard.

Face à une situation inquiétante, les 13 membres d'équipage abandonnent rapidement le navire à bord de leur canot de sauvetage puis sont hélitreuillés vers 7h du matin et dirigés vers la base aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic.

 

Le YM Uranus en difficulté au Sud d'Ouessant
Le YM Uranus en difficulté au Sud d'Ouessant

 

L’évaluation de la situation et le remorquage

Une équipe d’évaluation et d’intervention (EEI) composée de 9 hommes, dont le chef mécanicien du chimiquier, est rapidement constituée et envoyée sur zone. Aucune pollution n'est détectée autour du navire. La collision a provoqué une brèche de 8 m sur 5 m sur son arrière bâbord mais les citernes de cargaison et les soutes de combustible sont intègres, efficacement protégées par la double coque. L’état du navire permet d’envisager un remorquage. Le port de destination choisi est Brest car les conditions météo prévues pour les heures à venir ne permettent d’envisager un remorquage en toute sécurité jusqu’à Saint-Nazaire qui possède des infrastructures adaptées pour décharger ce type de cargaison.

Vers 12h, l'Abeille Bourbon passe une remorque à l'aide de deux marins du remorqueur présents à bord de l’YM Uranus. Les conditions météorologiques sont favorables, le convoi fait route à 4 noeuds vers Brest où il arrive en fin de soirée.

 

L’action du Cedre

Le PC d'intervention du Cedre est très sollicité afin d'assurer de multiples contacts au niveau local, national et international. Il répond à de nombreuses demandes sur la nature du produit et les risques associés. Un membre de la direction et un expert du Cedre se rendent à la Préfecture maritime pour apporter un support aux autorités.

En parallèle, les géomaticiens du Cedre font tourner des logiciels de modélisation (ChemMap) pour étudier le comportement du Pygas en cas de déversement à la surface mais aussi par 60 et 100 m de fond, dans l’éventualité du naufrage du chimiquier. Des calculs sont également effectués pour étudier le déplacement du nuage gazeux qui se formerait suite à un éventuel déversement de produit dans la rade abri.

 

Le YM Uranus à quai à Brest
Le YM Uranus à quai à Brest

 

La nature de la cargaison et son traitement

Au moment de l’accident, le chimiquier est chargé de 6 500 tonnes de Pygas (essence de pyrolyse, IMO 2). Il s’agit d’un intermédiaire de fabrication, sous-produit de la fabrication d'éthylène et destiné à produire du benzène, du toluène et du xylène, et pour additiver des carburants.
Ce produit s’évapore facilement et est fortement inflammable. En cas de déversement dans la mer, il resterait en surface et aurait tendance à s'évaporer.
Le navire contient également 400 tonnes d'Intermediate Fuel Oil (IFO) pour la propulsion.

Arrivé en rade de Brest le vendredi 8 un peu avant minuit, l’Uranus est ensuite pris en charge par 2 remorqueurs civils et amarré au port militaire vers 2h du matin, le 9 octobre. Par précaution, un barrage flottant antipollution est déployé autour du navire à quai.

Une opération de ballastage permet de redresser le navire, préalable indispensable au transfert de la cargaison. Un chimiquier en provenance d’Anvers, le Stolt Teal, est mobilisé pour alléger l’Uranus.
Le propriétaire de la cargaison demande à un expert d’effectuer les contrôles préalables nécessaires à la bonne marche des opérations de transbordement. Les manœuvres commencent le 11 octobre vers 15h et s’achèvent le lendemain vers 9h. Le contenu des citernes est remplacé par un gaz inerte. Un périmètre de sécurité de 500 m est mis en place pendant toute la durée des opérations et les marins pompiers certifiés « Risque chimique niveau 3 » (RCH 3) veillent à la sécurisation de la zone.

Une fois les cuves entièrement vidées et dépolluées, le navire rejoint une cale sèche du port de Commerce.
Le Stolt Teal chargé de Pygas fait, de son côté, route vers la mer du Nord.

Au final, cet accident ne s'est heureusement pas traduit par une pollution grâce à la conception du navire (double coque, ice capable), son état d'entretien ainsi que les conditions météos favorables et la rapidité des interventions conduites par les autorités.

Dernière modification: 19/10/2010

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