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Union Neptune

Nom
Union Neptune
Date de l'accident
22/07/2011
Lieu
France
Zone du naufrage
Golfe de Gascogne
Zone du déversement
Pleine mer
Cause de l'accident
Chargement / déchargement (ripage de la cargaison conjugué à un effet de carène liquide)
Produit transporté
oxyde de fer
Quantité transportée
2 238 tonnes
Nature polluant
oxyde de fer
Quantité déversée
2 238 tonnes
Type de navire / structure
Cargo
Longueur
83,00 m
Largeur
11,00 m
Tirant d'eau
3,94 m
Pavillon
Îles Cook

L’accident

 Le 20 juillet 2011, le cargo Union Neptune charge à Bassens (Gironde) 2 238 tonnes d’oxyde de fer refusé par le destinataire en raison de la quantité d’eau qui recouvre la cargaison à son arrivée quelques mois plus tôt. Cette opération est en partie menée sous la pluie. Le 21, le navire immatriculé aux Îles Cook commence sa route vers Rotterdam. Aux alentours de 23h30, l’Union Neptune présente une gîte constante de 5° à 7° sur tribord alors que les ballasts de ce côté sont vides. Plusieurs tentatives pour rétablir l’équilibre sont menées mais restent infructueuses. Le commandant décide alors de revenir à Bassens.
Le 22, vers 2 h, alors qu’il se trouve à 45 km à l’ouest de la pointe de la Coubre (Charentes), le cargo présente une gîte bâbord de l’ordre de 30° à 35°. Le commandant demande une assistance immédiate et les six membres d’équipage évacuent à bord d’un canot de survie.

La réponse

L’équipage du cargo est hélitreuillé dans la nuit grâce à l’hélicoptère Dauphin de la Marine nationale mis en œuvre par le CROSS d’Etel.
Après avoir mis en demeure l’armateur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la navigation, faire cesser le risque de pollution et de danger constitué par l’épave, le préfet maritime de l’Atlantique prépare la mise en sûreté du cargo et de sa cargaison.
Dans l’après-midi du 23 juillet, l’Union Neptune est pris en remorque par l’Abeille Languedoc, mais sa gîte s’accentue encore. En fin de journée, il coule partiellement au large de l’île d’Oléron. Il repose par 35 m de fond, mais sa proue continue de flotter et affleure à la surface de l’eau. Des moyens nautiques et aériens assurent une surveillance quotidienne de la zone.
Le 27, deux bouées sont mouillées à proximité de l’épave afin de renforcer le dispositif visant à sécuriser la navigation. La majeure partie de la cargaison se déverse suite à la rupture de panneaux de cale lors du naufrage. Des échantillons sont prélevés par le Laboratoire d’Analyse, de Surveillance et d’Expertise de la Marine de Toulon dans le but d’évaluer la nécessité de procéder à la récupération de la cargaison.
En raison d’une forte houle conjuguée à un fort courant et à d’importants coefficients de marée, l’épave dérive. Le préfet maritime de l’Atlantique décide alors d’immerger le cargo. Le 12 août, après investigation de la coque, les plongeurs démineurs de la Marine nationale procèdent à l’ouverture de brèches par charges explosives de manière progressive. Ceci pour conserver au maximum l’intégrité de la structure et éviter toute pollution. En fin d’après-midi, l’épave se stabilise par 45 m de fond avec, au-dessus d’elle, plus de 30 m de hauteur d’eau.

L’analyse de l’événement à posteriori

D’après le rapport publié par le Bureau d’enquêtes sur les événements de mer début 2012, plusieurs facteurs expliquent l’accident.
Environ 1 400 litres d’eau de pluie ont été « mélangés » à la cargaison d’oxyde de fer lors du chargement à Bassens et ont contribué à la perte de stabilité de l’Union Neptune. Les conditions météo-océaniques rencontrées sur la zone ont constitué un facteur aggravant.
De plus, il semble que la gîte importante puisse également être imputée à un ripage de la cargaison conjugué à un effet de carène liquide suite à une remontée en surface de l’eau absorbée par l’oxyde de fer. Le « changement d’état » d’une partie de la cargaison, dû à une importante quantité d’humidité et d’eau dans les cales, est vraisemblablement le facteur déterminant du naufrage.

Les sources

-    Communiqués de presse N°1 à 7, Préfecture maritime de l’Atlantique, Juillet et août 2011
-    Liquéfaction partielle d’une cargaison d’oxyde de fer : un fluvio-maritime coulé, Michel Neumeister, Journal de la marine marchande, 20 janvier 2012
-    Rapport d’enquête technique Union Neptune, Bureau d’enquêtes sur les événements de mer, 2012

Dernière modification: 10/02/2017