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Participation de la Marine nationale aux opérations de lutte

Le 20 février 1996, soit cinq jours après l’accident du pétrolier Sea Empress, le préfet maritime de l’Atlantique a proposé aux responsables britanniques le concours de bâtiments de la Marine nationale ayant des capacités de lutte antipollution.

Les autorités britanniques ont immédiatement accepté l’assistance de la Marine nationale. Le supply Ailette et le bâtiment de soutien de région Élan ont appareillé, dans la matinée du 21 février 1996, avec le personnel nécessaire à la mise en œuvre des matériels de lutte.

Les bâtiments Ailette et Élan disposaient d’équipements multifonctions adaptés aux opérations d’allégement, de récupération, de stockage et d’épandage de dispersant. Outre les équipages des navires, la CEPPOL, le Cedre et la direction du port militaire de Brest avaient détaché du personnel de soutien.

Le préfet maritime de l’Atlantique a confié la direction et la coordination des opérations de lutte au président de la CEPPOL, embarqué sur l’Ailette.

L’emploi du temps des bâtiments français était organisé sur zone par le MPCU (Marine Pollution Control Unit).

Les autorités britanniques ont employé les équipements français uniquement en récupération d’hydrocarbures durant huit jours consécutifs ; 2 500 tonnes d’émulsion ont été récupérées et stockées à bord de l’Ailette.

Utilisé pour première fois en opération réelle de récupération, le système TRANSREC 250 a répondu remarquablement aux sollicitations.

Le TRANSREC a été déployé par mer formée de niveau 4 à 5 ; ses performances n’ont pas été altérées. D’une maniabilité excellente et mis en œuvre par un seul opérateur, cet outil est sans conteste le meilleur récupérateur de grande capacité en service au monde.

Les opérations de pompage ont été menées sur un pétrole de très forte viscosité (20 000 cSt), émulsionné à environ 80 % d’eau.

Les qualités manœuvrières de l’Ailette et de l’Élan sont excellentes. Disposant de systèmes de propulsion souples, le positionnement des barrages par rapport aux nappes d’hydrocarbures s’est toujours fait sans difficulté et avec efficacité.

Cette mission a démontré que l’intervention opérationnelle dépasse rapidement le cadre habituel des exercices « antipol » et s’inscrit dans une perspective de durée nécessitant une grande vigilance du personnel chargé de la mise en œuvre du matériel.

La participation des bâtiments français aux opérations de lutte antipollution au Pays de Galles a été riche d’enseignements techniques. Elle a ouvert les portes d’une meilleure coopération internationale future contribuant à faire évoluer les mentalités et les stratégies. Face à un contexte environnemental sans frontières, la coopération européenne dans la lutte antipollution se mettra ainsi en place naturellement, aussi souvent que nécessaire.

 

Le TRANSREC récupérant du pétrole en fond de barrage
Le TRANSREC récupérant du pétrole en fond de barrage
Déploiement du TRANSREC
Déploiement du TRANSREC
L'équipe d'intervention sur le pont de l'Ailette
L'équipe d'intervention sur le pont de l'Ailette

 

Ailette :

  • un récupérateur TRANSREC 250
  • deux groupes de puissance hydraulique
  • une pompe d’allégement TK5 (190 m³/h)
  • deux rampes d’épandage de dispersant
  • 30 m³ de dispersant de 3e génération
  • 110 m de barrages ALL MARITIM
  • 150 m de barrages POLLUGUARD
  • deux chaudières de réchauffage de soute
  • deux groupes électrogènes
  • 140 m de manches d’allégement
  • un adaptateur TRANSREC/pompe TK5

Elan :

  • deux rampes d’épandage de dispersant
  • 12 m³ de dispersant de 3e génération

Observations :

  • évaporation de 30 à 40 % au bout de 24 heures.
  • émulsion : viscosité > 10 000 cSt dans l’eau au bout de 5 jours à 5 °C.
Dernière modification: 17/07/2003