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Peter Sif

Nom
Peter Sif
Date de l'accident
15/11/1979
Lieu
France
Zone du naufrage
A l'ouest de l'Ile d'Ouessant
Zone du déversement
Pleine mer
Cause de l'accident
Avarie
Quantité transportée
43 tonnes de gazole et 350 tonnes de fioul de propulsion
Nature polluant
Gazole et fioul de propulsion
Type de navire / structure
Porte-conteneurs
Date de construction
1978
Longueur
98,96 m
Largeur
16,01 m
Pavillon
Danois

Le 15 novembre 1979, le Peter Sif coule en baie de Lampaul à Ouessant. Les soutes à combustibles contiennent 350 tonnes de fioul et 43 de gazole. Le fioul de ses soutes constitue une menace de pollution pour l'environnement immédiat. Il repose par 57 m de fond sur du sable.

Après le naufrage, les assureurs du navire sont mis en demeure de prendre toutes les dispositions pour mettre fin aux légères fuites constatées par les plongeurs de la Marine nationale. Des travaux sont réalisés permettant d'étancher totalement les fuites.

Le 16 février 1980, les assureurs font abandon du navire et décident de déposer leurs fonds de limitation de responsabilité. C'est désormais à l'Etat français qu'il appartient de procéder éventuellement à une intervention sur le Peter Sif. Des vérifications de l'état de l'épave ont lieu régulièrement par des plongeurs de la Marine nationale pendant plusieurs années.

Investigation de l'épave par plongeur
Investigation de l'épave par plongeur

En octobre 1981, un rapport souligne que le pompage des soutes est techniquement possible mais trop onéreux. Le pétardage de l'épave est aussi réalisable, mais les risques de pollution de la baie trop importants malgré une prise d'un maximum de précaution.

A partir de septembre 1998, l'épave donne des signes de dégradation : plusieurs fuites de faible ampleur (1 à 5 litres/heure) ont dû être colmatées pendant l'hiver et le printemps. Afin de préparer les futurs travaux, l'épave est étudiée, les soutes repérées, le courant mesuré et des ancrages préparés.

Le 7 juin 1999, profitant d'un créneau météo favorable qui s'annonce, le Préfet maritime déclenche une opération pour parer le danger pressant.

Le plan d'action est arrêté : un barrage flottant annulaire sera mouillé à la verticale de l'épave, les soutes seront ouvertes l'une après l'autre, le fioul, grâce à la poussée d'Archimède, remontera en surface, à l'intérieur du barrage, où il sera pompé par un récupérateur de grande capacité. La protection de l'environnement sera apportée par :

  • les conditions météo favorables (vent de NE, faible, absence de clapot) ;
  • les plongeurs en alerte pour aveugler les soutes ;
  • l'étanchéité du barrage (accrue par du barrage absorbant) ;
  • la mise en place, en mer comme à terre, des moyens de traitement de nappes dérivantes qui pourraient s'échapper du barrage.
Mise en place d'un barrage
Mise en place d'un barrage

130 000 litres de fioul sont récupérés ; les estimations fournies par l'équipage au moment du naufrage étaient peut-être erronées. Une soute réputée contenir 102 000 litres a ainsi été retrouvée intégralement pleine d'eau de mer et rouillée, preuve que le fioul en était absent depuis longtemps.

En 1999, cette opération d'urgence permit de vidanger les grandes capacités où se trouvait le fioul de l'épave du Peter Sif et ainsi écarte la menace d'une "marée noire" qui pèse sur Ouessant. Au fil du temps et de la corrosion de l'épave, des remontées sporadiques de produit piégé dans des recoins restent cependant possibles.

Pompage en surface
Pompage en surface

Malgré tous ces efforts, dès Octobre 99, des irisations fortes et quotidiennes sont observées au large de Ouessant. En octobre 2003, une large irisation est encore repérée par un pêcheur. En novembre 2005, une brèche est clairement identifiée par les plongeurs. Et en décembre 2005, l'épave recommençant à fuir plus régulièrement, une intervention légère a lieu.

La préfecture maritime, le Maire de Ouessant et le responsable des opérations décident de la programmation d'un chantier de récupération des 160 tonnes d'hydrocarbures qui restent dans les ballasts. Il sera effectué une opération de libération contrôlée du polluant, avec récupération en surface.

Début mai 2006, les opérations délicates de pompage et de récupérations des déchets démarrent. L'Argonaute, navire de lutte anti-pollution affrété par la Marine nationale, pose les bouées qui permettront d'étendre un barrage flottant. Les autres installations techniques nécessaires au futur pompage sont mises en place. L'opération dure une dizaine de jours avant que les conditions climatiques ne se dégradent et obligent son arrêt.

Du 20 au 27 juin, la deuxième équipe du groupement des plongeurs-démineurs de l'Atlantiques (GPDA) parvient à terminer le chantier. Au total, 11 tonnes d'hydrocarbures sont pompées, soit 14 m3.

L'Argonaute entouré de barrage antipollution
L'Argonaute entouré de barrage antipollution

Avant de quitter le site, les plongeurs mettent en place 2 chaussettes de polyuréthane de 700L de capacité chacune placées sur des orifices percés dans la coque pour récupérer le fioul qui migre vers le haut. Une 1ère opération de récupération et de changement des chaussettes est réalisée avec succès en mars 2007.

Dernière modification: 10/04/2007

Voir aussi

Bulletin d'information du Cedre N°21 : "Le traitement des épaves potentiellement polluantes"

Bulletin d'information du Cedre N°13 : "Opération Peter Sif"

Lettre technique du Cedre, Mer et Littoral Année 2006, n°15

Lettre du Cedre N° 142, avril 2007.

Lettre du Cedre N° 131, mai 2006.

Lettre du Cedre N° 74, juillet 2001

Lettre du Cedre N° 44, janvier 1999.

Lettre du Cedre N° 51, aout 1999.

Lettre du Cedre N° 49, juin 1999.

Lettre du Cedre N° 43, décembre 1998.

Lettre du Cedre N° 40, septembre 1998.

Liens externes

Préfecture maritime de l'Atlantique Dépollution de l'épave à Ouessant.