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Kurdistan

Nom
Kurdistan
Date de l'accident
15/03/1979
Lieu
Canada
Zone du naufrage
Ile du Cap Breton, Nouvelle Ecosse
Zone du déversement
Zone littorale
Cause de l'accident
Conditions météo
Produit transporté
Fioul (bunker c)
Quantité transportée
30 000 tonnes
Nature polluant
Fioul (bunker c)
Quantité déversée
14 000 tonnes
Type de navire / structure
Ravitailleur
Date de construction
1972
Longueur
182,00 m
Pavillon
Britannique
Propriétaire
Nile Steamship Co. Ltd.

L'accident

Le 15 mars 1979, le pétrolier ravitailleur britannique Kurdistan quitte Point Tupper en Nouvelle Écosse (Canada) à destination de Québec, chargé de 30 000 tonnes de fioul (bunker C). Alors qu'il se trouve à 93 kilomètres au nord-est de Sydney, près de l'île du Cap-Breton, le navire est soumis à des vents violents dans des eaux envahies par les glaces. Des fissures verticales apparaissent sous la ligne de flottaison dans une des citernes latérales d'une capacité totale de 10 000 tonnes, d'où le fioul commence rapidement à s'échapper.

Les experts qui se trouvent à bord du Sir William Alexander, navire de la Garde Côtière Canadienne (GCC) dépêché sur les lieux pour évaluer les dommages subis par le Kurdistan, conseillent au capitaine du pétrolier de se diriger lentement vers Sydney, le port le plus proche. Cependant, peu de temps après, le Kurdistan se casse en deux, déversant dans une mer agitée 7 000 tonnes de fioul. Fait surprenant, ceci n'altère pas d'autres citernes supplémentaires et les deux parties du navire demeurent intactes. Une intervention audacieuse permet à l'équipage du Sir William Alexander de faire évacuer les 41 membres d'équipage qui se trouvent au niveau de la poupe.

Lutte

Les organismes chargés d'analyser les divers aspects de l'intervention d'urgence doivent alors faire face à trois problèmes différents :
- la proue qui se maintient à flot avec ses 7 000 tonnes de fioul ;
- la poupe qui en contient 16 000 tonnes ;
- le reste de la cargaison qui s'est déversé au moment où le navire s'est cassé en deux.

Traitement de la proue

La Garde Côtière Canadienne décide que la seule option réalisable en ce qui concerne la proue du navire est de la couler. L'emplacement choisi est fondé sur les critères suivants :
- il est situé entre deux courants (le Gulf Stream et le Labrador) ;
- la profondeur de l'eau y est inférieure à 4755 mètres ;
- il n'est pas très fréquenté par les oiseaux ;
- il est situé en dehors des zones de pêche ;
- il est éloigné du littoral de la Nouvelle-Écosse et de l'île de Sable, ce qui diminue la probabilité de contamination de ces côtes en cas de déversement ultérieur.

À partir de ces recommandations et d'autres dispositions sur la procédure courante d'immersion, la proue est remorquée à l'endroit choisi puis elle est sabordée le 1er avril 1979.

La proue du Kurdistan
La proue du Kurdistan

Traitement de la poupe

Le 18 mars, après des recherches menées à bord par des experts et le personnel de la GCC, il s'avère envisageable de renflouer la poupe. Il est décidé de remorquer cette partie du navire jusqu'à un port de la Nouvelle-Écosse pour en retirer les 16 000 tonnes de fioul qui s'y trouvent toujours. Quatre endroits sont évalués en fonction de cinq critères : sensibilité environnementale, exposition aux conditions maritimes et atmosphériques, potentiel de nettoyage, distance à parcourir et proximité des populations. À partir de cette analyse, Port Hawkesbury est choisi comme étant l'endroit le plus acceptable pour l'allègement, qui est effectué avec succès du 28 au 30 mars 1979.

Impacts

En tout, plus de 880 km de rivage sont nettoyés après le déversement du Kurdistan. Dans les secteurs où se pratique la pêche commerciale, les filets de pêche sont gravement endommagés, et pour les nettoyer, une « laverie à filets », construite à l'origine pour le déversement de l'Arrow en 1970, est remise en état. Cette laverie s'avère très efficace et permet de nettoyer près d'une centaine de filets ainsi que du matériel comme les barrages flottants.

Il est impossible d'évaluer avec précision le nombre d'oiseaux tués, car jusqu'à 80 % de ces oiseaux peuvent être morts en mer sans que leur cadavre ne soient rejetés sur le rivage. Toutefois, selon les estimations du Service canadien de la faune, ce nombre se situerait entre 12 000 et 25 000 oiseaux. On constate également une mortalité chez certains phoques. Les crustacés et coquillages ne subissent que des dommages minimes.

Sources :

- Environnement Canada
- Alain R. Bertrand, 1951-1999, Transport maritime et pollution accidentelle par le pétrole

Dernière modification: 11/06/2010