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Godafoss

Nom
Godafoss
Date de l'accident
17/02/2011
Lieu
Norvège
Zone du naufrage
Embouchure du Fjord d'Oslo, dans le parc national norvégien Ytre Hvaler
Zone du déversement
Zone littorale
Cause de l'accident
Echouement
Produit transporté
Conteneurs d'HNS, d'explosifs et autres
Quantité transportée
3457 tonnes (430 conteneurs)
Nature polluant
Pétrole brut lourd (fioul de propulsion)
Quantité déversée
112 m3
Type de navire / structure
Porte-conteneurs
Date de construction
1995
Longueur
165,00 m
Largeur
28,00 m
Pavillon
Islandais
Propriétaire
Eimskip

L'accident

Le jeudi 17 février 2011, à 20h, le porte conteneur islandais Godafoss s’échoue près la ville de Fredrikstad, dans le sud-est de la Norvège, près de la frontière suédoise. En plein cœur du seul parc naturel marin norvégien et sous des conditions climatiques favorables à la navigation, le Godafoss ne parvient pas à éviter un récif de 100 à 200 mètres de large.

 © Google Map
© Google Map

Immédiatement, l’administration norvégienne du littoral, les municipalités locales, les garde-côtes norvégiens et suédois se mobilisent.
Dans la nuit, les premières traces de déversements de pétrole sont observées. Deux dispositifs flottants sont déployés autour du navire pour contenir la pollution. Dans la nuit et les jours qui suivent, plusieurs bateaux anti-pollution, dont certains spécialement adaptés à la lutte en eaux froides, et des remorqueurs de Kystverket (organisme norvégien chargé de la protection du littoral) arrivent de Suède et de Norvège.

Le 21 février, le Godafoss est déchargé de ses conteneurs et une action de pompage débute. Certains systèmes ayant été affectés dans l’accident, seuls 123 m3, sur les 553 m3 de pétrole lourd présents à bord, sont pompés. Le navire est allégé et inspecté par des plongeurs en vue de son voyage vers le Danemark, où il sera réparé. D’après les analyses présentées par le propriétaire du navire, les risques de pollution lors de ce voyage sont faibles. L’administration norvégienne du littoral autorise le déplacement du navire, de la zone de naufrage jusqu’au chantier naval danois. Le Godafoss s’ancre au port d’Odense le 7 mars, en après-midi.

Lutte contre le pollution

Le début de la lutte se fait en pleine mer. Les nouvelles technologies des bateaux et des avions permettent aux équipes de suivre et de collecter le pétrole qui dérive au gré des courants marins.

Les faibles températures (-20°C et -2°C dans l’eau) sont un frein à l’action. Premièrement, elles sont responsables du gel de l’eau et de l’emprisonnement du pétrole dans les glaces. Ces petites quantités piégées sont difficilement récupérées à l’aide d’excavateurs. De plus, les températures rendent impossible l’utilisation des pompes car la viscosité du polluant est accrue. Privées des pompes, les équipes utilisent des bennes pour retirer le pétrole des barrages. Ils récupèrent au passage beaucoup de glace et de neige. Eau et polluant sont séparés à bord. Pour ne pas geler les canalisations et tuyauteries, glaces et neiges doivent être fondues. Les bateaux de lutte intervenants dans de telles conditions doivent impérativement être équipés d’un système chauffant.

Malgré ces difficultés, la lutte en mer est un succès puisqu’après quatre jours, 50% (contre 10 à 15% habituellement) du polluant est récupéré (55 m3 récupéré pour 112 m3 déversé).

Le long de la côte sud-ouest de Norvège, 130 sites sont souillés par de petites quantités de pétrole. Le taux élevé de polluant récupéré en mer permet au littoral d’être peu atteint. Les zones occupées par l’avifaune et les plages publiques sont les premières à être traitées, avant mi-avril.

Impacts

Suite aux estimations, le Godafoss aurait déversé, dans cet accident, 112 m3 de fioul lourd. La plupart des sites touchés par la pollution sont inspectés et déclarés comme propres après la phase de nettoyage du printemps 2011.

Les oiseaux marins et notamment le canard Eider, sont les organismes les plus affectés par cette marée noire.

Des conclusions sont tirées de ce cas de lutte en milieu froid sur : les difficultés rencontrées face aux conditions extrêmes (notamment les températures), l’impact de ces conditions sur l’efficacité des équipements (bateaux et pompes à pétrole), enfin l’importance de la collaboration entre les différentes équipes de lutte (ici norvégienne et suédoise).

Le Godafoss entouré de barrages flottants
Le Godafoss entouré de barrages flottants

Sources

- BERGSTROM R. Lessons learned the Godafoss accident in Feb. 2011.Oil spill recovery at -20°C. In: Interspill, 13-15 mars 2012, Londres. Londres: Interspill, 2012, 6 pages.

- BERGSTROM R. The Full City accident – Langesund, July 2009, and Godafoss February 2011 Hvaler Lessons learned. Norwegian Coastal Administration Emergency response, Kystverket. http://www.sintef.no/project/Futuresponse/pdf/Future%20Response-NCA-Bergstr%C3%B8m.pdf

- The grounding of “Godafoss”. In : Meeting of the Working Group on Operational, Technical and Scientific Questions Concerning Counter Pollution Activities (OTSOPA), 24-27 May 2011, Ebeltoft. Londres: Bonn Agreement, 2011, 2 pages.

Dernière modification: 13/06/2012

Voir aussi

Lettre technique du Cedre, Mer et Littoral, Année 2011, n° 33

Lettre du Cedre n°188, Norvège : du pétrole dans un parc marin