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Action du Cedre

Dès l'annonce de l'accident, le 12 décembre, le Cedre se mobilise.
Son P.C. est rapidement activé et la convention avec Météo France mise en œuvre pour la prévision de dérive de nappes.
Plusieurs conseillers techniques sont ensuite mis à la disposition du Préfet maritime au sein du P.C. Polmar Mer puis dans chaque P.C. terrestre dès activation des plans départementaux. Le P.C. intervention du Cedre a alors pour tâche d'assister nos conseillers présents dans les P.C. Polmar, d'assurer l'interface entre la Marine et Météo France et de rédiger les synthèses quotidiennes pour les autorités.
Dans la nuit du 12 au 13 décembre, TotalFina nous livre 200 l de fioul n°2 de l'Erika, en provenance de la raffinerie des Flandres. Le polludrome est mis en œuvre afin d'étudier le comportement et l'évolution du produit. Des informations précises sur des accidents similaires et les moyens de lutte utilisés sont recherchées par notre service documentation.
Des échanges d'informations et des recherches de soutiens sont engagés auprès de nos partenaires étrangers et de l'Union Européenne. Des discussions techniques sont également entamées avec les experts du Fipol.

Le PCA de La Baule activé
Le PCA de La Baule activé

En matière d'assistance à terre, 8 à 12 agents du Cedre sont mobilisés en permanence dans les P.C. et sur le terrain. Des synthèses techniques sont quotidiennement rédigées par notre P.C. intervention. Pour répondre à la multitude de questions qui nous sont posées de toutes parts, la création d'un dossier spécial sur notre site internet apparaît rapidement d'une évidente nécessité, face à des consultations quotidiennes considérablement augmentées. Les expérimentations, tests et qualifications de produits et matériels au Cedre et sur le terrain se multiplient.

Mais nous devons également faire face à trois problèmes inévitables dans ce genre de situation :
 
- les demandes d'information émanant des autorités qui nécessitent des réponses plus rapides, plus fréquentes et plus personnalisées ;
 
- le déferlement médiatique, jusqu'à plus de 50 journalistes par jour. Qui d'autre que le Cedre pouvait répondre aux questions techniques ?
 
- enfin, l'avalanche des inventeurs, fournisseurs et industriels (plus de 600) qui tous exigent logiquement un traitement prioritaire et personnalisé. Pour faire face, nous faisons appel à l'aide de l'IFP, de l'IFREMER et de l'Union Européenne.
 
 
Une première analyse nous amène à deux constatations :
- le Cedre n'est pas à l'échelle géographique de cette pollution. Son effectif ne lui permet pas d'assurer sa mission auprès de tant de P.C. Polmar en même temps.
- le Cedre n'est pas à l'échelle médiatique de cette pollution. Le travail qu'il a fait depuis 20 ans et sa capacité de réponse dans l'urgence n'ont pas été à la hauteur de l'attente publique.
 
Ces évidences ne sont pas des surprises. Lors du colloque "20 ans après l'Amoco-Cadiz", qui s'est tenu à Brest en octobre 1998, le directeur du Cedre déclarait : "Nous savons que le risque est permanent et que nous n'avons pas de réponse parfaite à tout. Quoi que nous fassions pour prévenir l'accident, pour mieux nous préparer, pour mieux gérer la réponse, certains observateurs ne comprendront pas que nous ne puissions pas tout, d'autres critiqueront et viendront expliquer après coup ce que nous aurions dû faire".
 
Malgré ces difficultés, le Cedre assure sa mission, ce qui sera souligné dans le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale par la phase : "La commission d'enquête tient à rendre hommage au travail de qualité accompli par cette petite structure associative, malgré la modestie de ses moyens " (p. 335 - Après l'Erika, l'urgence - Tome 1 - rapport - Collection les documents d'information de l'Assemblée Nationale).

Dernière modification: 10/12/2000