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Eleni V

Nom
Eleni V
Date de l'accident
06/05/1978
Lieu
Mer du Nord
Zone du naufrage
Côtes du Norfolk, au large d’Happisburgh
Zone du déversement
Pleine mer
Cause de l'accident
Collision
Quantité transportée
12 000 tonnes
Nature polluant
Fioul lourd
Quantité déversée
5 000 tonnes
Type de navire / structure
Pétrolier
Date de construction
1958
Lieu de construction
John Brown & Co Ltd, Clydebank
Longueur
170,39 m
Largeur
22,05 m
Tirant d'eau
11,89 m
Pavillon
Grec
Propriétaire
Gladiole Shipping Corporation of Panama
P&I Club
The United Kingdom Stem Ship Assurance Association Ltd

L'accident

Le pétrolier Eleni V fait route de Rotterdam à Grangemouth avec une cargaison de 12 000 tonnes de fioul lourd. Le 6 mai 1978 le vraquier Roseline l’aborde à environ 10 km des côtes du Norfolk dans la mer du Nord, alors que les deux navires traversent un épais brouillard. La partie avant de l’Eleni V est coupé sous le choc. 3 000 tonnes de fioul se déversent dans un premier temps, puis les 2 000 tonnes contenues dans la proue s’écoulent à leur tour.

Les 39 membres d’équipage sont tous secourus par le Roseline et envoyés en France avant d’être rapatriés en Grèce.

La partie arrière du pétrolier est remorquée sans encombre à Rotterdam où le reste de sa cargaison est pompé. L’épave est ensuite vendu un à démolisseur de navires espagnol et remorqué jusqu’à Santander pour destruction.

La lutte

Étant donné la zone de l’accident, les nappes de pétroles représentent un risque possible pour les côtes anglaises et néerlandaises. Les opérations de lutte doivent donc être rapidement mises en place. La méthode utilisée est principalement l’emploi de dispersants. 11 bateaux sont utilisés à cet effet. Ils épandent en tout 900 tonnes de dispersants. Cependant leur efforts sont vain. En effet le pétrole lourd transporté à bord de l’Eleni V est caractérisé par sa forte viscosité. Il doit être chauffé pour être pompé et les dispersants ont peu d’effet sur lui.

Le pétrole atteint finalement les côtes anglaises dans la nuit du 7 mai. Le littoral est pollué sur plus de 35 km près de Great Yarmouth. Des plages touristiques et des zones riches en crustacés sont touchées. Comme les dispersants n’ont pas d’effet sur le pétrole, il faut trouver d’autres méthodes de lutte. Il s’agit principalement de récupération mécanique. Des pelleteuses sont utilisées pour enlever le pétrole.

Les opérations de nettoyage durent longtemps et les autorités s’inquiètent de l’impact sur la saison touristique qui approche. D’autant plus que certaines zones rocheuses et certaines plages sont inaccessibles aux véhicules utilisés. Dans ces endroits le nettoyage est donc manuel. Le pétrole est ramassé à la pelle et placé dans des sacs plastiques avant d'être envoyé dans un lieu prévu à cet effet.

Sur un autre site, les équipes de nettoyage utilisent un dispositif muni d’une corde en polypropylène à laquelle le pétrole adhère. Ils récupèrent ainsi près de 1 000 tonnes d’un mélange eau/pétrole. Un barrage est aussi mis en place dans le port de Southwold pour protéger l’entrée de la rivière Blythe. Cet équipement permet de confiner 100 tonnes de déchets.

La proue de l’Eleni V

L’avant du pétrolier dérive avant de couler. Étant donné qu’il reste du pétrole dans cette partie du bateau, les autorités décident de la renflouer et de la remorquer jusqu’à un banc de sable au large de Lowestoft ou il est possible de pomper le pétrole. Le 30 mai la proue est remorquée à 45 km au large de la côte pour la faire exploser. Le peu de pétrole restant brûle.

Point de collision et lieu de l'explosion (cliquer pour agrandir)
Point de collision et lieu de l'explosion (cliquer pour agrandir)

Conclusion

Le coût de l’ensemble des opérations de lutte atteint 2 millions de livres. Cet accident permet aux autorités de se rendre compte qu’elles ne sont pas préparées en cas de déversements de fioul lourd. Ce type de pétrole étant extrêmement visqueux, les moyens de lutte (dispersants, pompes) sont peu efficaces. Si le même accident s’était produit avec du pétrole brut, les opérations de lutte auraient été plus simple à mener.

Cela permet aussi de réaliser l’importance de la reconnaissance aérienne avec des observateurs entraînés. Il est ainsi possible de prévoir l’arrivée des nappes sur la côtes et de prendre des mesures adéquates. Il est également important de prévoir à l’avance un lieu de stockage des déchets.

Sources :

- HOOKE, Norman, 1997, Maritime Casualties 1963-1996,
- NOAA, Oil spill case histories 1967-1991, Report No. HMRAD 92-11 to the US Coast Guard Research and Development Center
- IFP, Banques de données sur les accidents de navire ayant provoqué un déversement de pétrole en mer supérieur à 500 tonnes, 1975-1979, Réf. 26 714, Janvier 1979
- Fourth Report from the Select Committee on Science and Technology, "Eleni V", Her Majesty’s Stationery Office, London, August 1978 - Department of Trade, Accidents at Sea Causing Oil Pollution, Review of Contingency Measures, London, 1978

Dernière modification: 02/06/2004