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Naufrage du Grande America dans le Golfe de Gascogne

Le 10 mars 2019, incendie à bord d'un navire de commerce italien et naufrage le 12 mars

Le 21 mars,

Les opérations de lutte antipollution se poursuivent grâce aux bonnes conditions météorologiques sur le Golfe de Gascogne à la verticale de l'épave ainsi qu'au sud est du point de naufrage afin de relocaliser la pollution initiale qui a dérivé. Une barge TSM Dora, affrétée par l'armateur, complète le dispositif. Plusieurs vols d'observation aérienne sont réalisés dans la journée.

Trois conteneurs sont récupérés par des moyens affrétés par l'armateur. Ces conteneurs sont remorqués vers La Rochelle, ils ne contiennent que des produits alimentaires. La semaine prochaine un navire spécialisé doté d'un véhicule sous-marin téléguidé (ROV=Remotely Operated underwater Vehicle) arrivera pour inspecter l'épave du navire.

Dans l'après-midi, le préfet maritime réunit à la préfecture maritime de Brest des représentants de différentes associations afin de faire le point sur la situation du Grande America. Il a de plus communiqué, à la demande de l'association Robin des Bois, la liste qui détaille le chargement du navire quant au contenu de la cargaison. Cette liste disponible fait état de 2 100 véhicules, 1 050 tonnes de marchandises dangereuses dont 16 matières dangereuses différentes et 320 conteneurs de marchandises diverses (papier, denrées alimentaires, acier, produits chimiques non dangereux, engrais...).

 

Le 20 mars,

Le dispositif de lutte antipollution est identique à celui du 19 mars. Les conditions météorologiques sont favorables aux opération de récupération du polluant en mer qui se poursuivent. Un conteneur de marchandises non dangereuses est récupéré par l'armateur.

 

L'Argonaute récupère du polluant en mer
L'Argonaute récupère du polluant en mer

 

Récupération de fioul par l'Argonaute
Récupération de fioul par l'Argonaute

 

 

Le 19 mars,

Les conditions météorologiques en nette amélioration par rapport aux journées précédentes permettent au dispositif de lutte antipollution de déployer des barrages, confiner puis pomper le polluant. Deux remorqueurs espagnols Alonso de Chaves et Maria de Maetzu sont sur la zone du naufrage, à la verticale de l’épave et travaillent en continu avec les remorqueurs VN Partisan et TSM Kermor. Les bâtiments de soutien Argonaute, VN Sapeur, Rhône et Ria de Vigo, quant à eux s’occupent du fioul, qui a fui du Grande America dès le 13 mars et qui a dérivé vers le sud est du Golfe de Gascogne. Le fioul forme à la surface de la mer de petits amas (taille entre 50 et 100 cm) et de nombreuses irisations.

Plusieurs vols d’observation aérienne de la pollution sont réalisés par l’aéronef de la Marine nationale et un aéronef affrété par l’armateur. Cinq conteneurs flottant et deux canots pneumatiques sont repérés, ils seront récupérés par l’armateur en lien avec la préfecture maritime. Un canot de survie récupéré par le navire Maxiplon, affrété par Grimaldi Group arrive à bon port à l’Île d’Yeu.

 

Barrage mis en place et récupération du fioul par l’Argonaute, le 19 mars 2019
Barrage mis en place et récupération du fioul par l’Argonaute, le 19 mars 2019

 

 

Le Maxiplon remorque le canot de survie et arrive à l’Ile d’Yeu, 19 mars 2019
Le Maxiplon remorque le canot de survie et arrive à l’Ile d’Yeu, 19 mars 2019

 

Le 18 mars,

Les conditions météorologiques commencent à s’améliorer, les opérations de lutte continuent avec la mise en place de barrage flottant et de chalut. Dans la zone de l’épave, une irisation avec des amas de fioul lourd à la surface est visible.

Les nappes d'hydrocarbure repérées dès le début du naufrage ont dérivé vers le sud-est.

L’armateur ayant affrété un remorqueur, récupère un conteneur flottant et le remorque vers La Rochelle. Ce conteneur ne contient pas de marchandises dangereuses, ce sont des allume feu. L’armateur va également récupérer un des deux canots de survie, à la dérive à environ 35 km du littoral.

 

Le remorqueur espagnol et le VN Partisan à la recherche de polluant
Le remorqueur espagnol et le VN Partisan à la recherche de polluant

 

Le 17 mars,

Les conditions météorologiques sont quasi identiques à celles de la veille mais la mer est plus agitée avec des creux de 4 mètres et un vent soufflant de 55 à 65 km/heure. Malgré ces conditions, les opérations de lutte en mer se poursuivent. Le dispositif des navires sur zone, est complété par le remorqueur TSM Kermor, affrété par la préfecture maritime de l’Atlantique. Les observations aériennes réalisées aujourd’hui par l’avion de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale confirment toujours la  présence d’une fuite d’hydrocarbures localisée à la verticale de l’épave.

Les dernières estimations du comité de dérive confirment les risques de pollution côtière à terme mais les côtes françaises ne devraient pas être touchées durant la semaine à venir.

 

Mise en place d'un barrage absorbant dans la zone du naufrage
Mise en place d'un barrage absorbant dans la zone du naufrage

 

 Le 16 mars,

Les opérations de lutte antipollution continuent, malgré des conditions météorologiques difficiles, une mer agitée avec des creux de 3 mètres et un vent soufflant de  20 à 30 km/heure. Le dispositif de lutte de la veille reste en place et attend l’arrivée du remorqueur espagnol Alonzo Chaves.

La nappe d’hydrocarbure repérée hier est toujours à environ 325 km du littoral français mais les deux nappes observées dès le 14 mars n’ont pas pu être de nouveau localisées.

 

 

Mise en place d'un barrage à l'arrière de l'Argonaute, 16 mars 2019
Mise en place d'un barrage à l'arrière de l'Argonaute, 16 mars 2019

 

Le 15 mars,

Les conditions météorologiques sont toujours très dégradées dans la zone de naufrage du Grande America, de ce fait, les deux nappes d’hydrocarbures repérées le 14 n’ont pu être relocalisées par les observations aériennes effectuées par l’avion de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale. Une nouvelle nappe d’hydrocarbures a été repérée près de l’épave, de 4,5 km de long sur 500 mètres d’aspect compact, ce qui confirme la fuite d’hydrocarbures à partir de l’épave.

Malgré l’état de la mer, les opérations de lutte antipollution démarrent dans l’après-midi. Le dispositif de lutte est actuellement le suivant :

  • des BSAA  Argonaute et VN Sapeur affrétés par la Marine nationale
  • du VN Partisan affrété par l’AESM
  • du BSAM (Bâtiment de Soutien et d’Assistance Métropolitain) Rhône de la Marine nationale

Deux conteneurs flottant, l’un à environ 30 km du nord-est du Grande America, l’autre à 90 km à l’est, ont été observés et l’armateur s’occupe de leur récupération, en lien avec la préfecture maritime de l’Atlantique. Un avis urgent aux navigateurs a été émis par la préfecture maritime de l’Atlantique afin de prévenir les usagers de la mer de leur présence.

Le Biscaye Plan est activé et dans le cadre de cette coopération France-Espagne, un remorqueur espagnol équipé de moyens antipollution arrivera en renfort en début de semaine prochaine.

Des échantillons du fioul de soute arrivent au Cedre et des analyses dans le polludrome® sont en cours afin de déterminer le vieillissement de ce polluant, au cours des jours à venir, et mesurer la part du fioul qui se disperse, s'évapore, s'étale à la surface et s'émulsifie. Le but est de définir une stratégie de lutte adaptée en mer comme à terre, si la pollution devait arriver sur le littoral.

Plus d’info : www.cnews.fr/videos/monde/2019-03-16/naufrage-du-grande-america-comment-le-cedre-gere-la-pollution-en-mer-821843

 

 

Opérations de récupération de polluant en mer, 15 mars 2019
Opérations de récupération de polluant en mer, 15 mars 2019

 

 

Récupération du chalut Thomsea par l'Argonaute, 15 mars 2019
Récupération du chalut Thomsea par l'Argonaute, 15 mars 2019

 

 

Le 14 mars,

Un vol d'observation par l'avion de surveillance de la Marine nationale met en évidence deux nappes distinctes, à environ 315 km de la côte, à l'ouest de La Rochelle. L'une, de 13 km de long sur 7 km de large approximativement, se trouve au-dessus de l'épave, l'autre de 9 km de long sur 7 km de large environ présente un aspect moins compact que la première. Celles-ci sont distantes d'une vingtaine de kilomètres.

Des moyens de lutte antipollution sont en cours de ralliement pour venir renforcer le dispositif, pré-alerté dès le début de la crise, qui est est déjà sur la zone du naufrage. Mais à cause des mauvaises conditions météorologiques, les moyens antipollution ne peuvent être utilisés. La lutte en mer est coordonnée sur zone par le directeur du CEPPOL, depuis le BSAA Argonaute, en liaison avec le centre de crise  de la préfecture maritime de l’Atlantique à Brest. Des vols quotidiens sont réalisés par la Marine nationale afin de surveiller l'évolution de la pollution. Le comité de dérive, constitué d’experts dans les domaines de la météorologie, de l’océanographie, du comportement des produits pétroliers et de lutte contre la pollution maritime, coordonné par la préfecture maritime, confirme le risque de pollution sur le littoral mais les côtes potentiellement impactées ne pourront être connues que dans plusieurs jours. Certains départements (Gironde et Charente-Maritime) anticipent le risque de pollution et se préparent à une possible arrivée de polluant.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, se rend à Brest afin de se faire le point sur la situation concernant le naufrage et les moyens de lutte antipollution engagés.

L'AESM (Agence Européenne de Sécurité Maritime), à la demande du préfet maritime, apporte son appui quant à la surveillance satellitaire afin de repérer d'éventuelles nappes de pollution en mer.

 

Le 13 mars,

Une nappe d'hydrocarbures, d'une dizaine de kilomètres de long sur un kilomètre de large, est localisée par l'avion de patrouille maritime. Le préfet maritime ordonne au BSAA (Bâtiment de Soutien et d'Assistance Affrêté) Argonaute de rallier la zone du naufrage et de démarrer les opérations de lutte antipollution.

 

Le 12 mars,

Les opérations de lutte contre l'incendie qui fait rage, sont interrompues car elles ne permettent pas d'éteindre le feu à l'intérieur du Grande America d'une part et d'autre part le navire prend une gîte inquiétante sur son côté droit. Une dizaine de conteneurs sont tombés à l'eau. Le navire dérive lentement vers l'est et se trouve à environ 350 km du littoral français. Un survol du Grande America par l'équipe d'évaluation et d'intervention de la Marine a permis à la préfecture maritime d'obtenir des informations quant à la situation du navire. Les conditions météorologiques dans les prochaines 48h se dégradant de façon importante, les possibilités d'intervention sont limitées. Vers 15h30, le navire coule par 4 600 m de fond, à 350 km de la pointe de Chassiron (Ile d'Oléron) avec à son bord, environ 2 200 t de fioul de propulsion.

L'armateur, en réponse à la mise en demeure du préfet maritime, mandate la société de sauvetage ARDENT qui a affrété 2 remorqueurs dont l'un est arrivé sur la zone des opérations rapidement et le second arrivera le 13.

 

Point du naufrage du Grande America, 13 mars 2019
Point du naufrage du Grande America, 13 mars 2019

 

 

Le 11 mars,

Un avis urgent a été émis aux navigateurs afin de prévenir ceux-ci de la présence du Grande America. Vers 10h du matin, l'Abeille Bourbon arrivée sur zone, commence les opérations de lutte contre l'incendie qui fait rage. L’ensemble des moyens humains et matériels de l’État se concentrent sur cette lutte.

Le préfet maritime de l'Atlantique met en demeure l'armateur Grimaldi Group de prendre toutes les mesures nécessaires afin de faire cesser le danger que constitue le Grande America dans la zone économique exclusive française. Dans le cadre de l'assistance à un navire en difficulté, le préfet maritime décide de passer à 13h30 au niveau 3 du dispositif ORSEC maritime (Organisation de la Réponse de SEcurité Civile), impliquant notamment la mise en place d’une Équipe de Gestion de Crise (EGC) au Centre de Traitement de Crise (CTC) de la préfecture maritime de l’Atlantique. Le Cedre participe aux travaux de cette équipe.

 

Le Grande America gîte à droite, 12 mars 2019
Le Grande America gîte à droite, 12 mars 2019

 

Le 10 mars,

Le Grande America venant de Hambourg (Allemagne) et se rendant à Casablanca (Maroc), se trouve à environ 260 km des côtes françaises, dans le sud-ouest de la pointe de Penmarc'h quand il subit un incendie vers 20h, rapidement maîtrisé. Le navire transporte 365 conteneurs en pontée dont 45 contenant des marchandises dangereuses et 2 000 véhicules (voitures, camions, remorques, engins de travaux publics) dans ses ponts-garages. Le CROSS Étel est informé de la situation et peu avant minuit, le commandant du navire met au courant les autorités maritimes que la situation à bord s'est détériorée. Le feu a repris et plusieurs conteneurs sont en flammes.

Le préfet maritime de l'Atlantique donne l'ordre au RIAS (Remorqueur d'Intervention, d'Assistance et de Sauvetage) Abeille Bourbon de rallier la zone dans laquelle se trouve le Grande America. Entre temps vers 2h du matin, le commandant abandonne son navire avec les 25 membres d'équipage et le passager qui était à bord, ils embarquent dans un canot de sauvetage. Les conditions météorologiques sont mauvaises. Coordonnée par le CROSS, la frégate britannique HMS Argyll, dès 4h du matin, se porte au secours des 27 personnes, toutes seront sauvées.

 

Carte de la position du Grande America, 11 mars 2019
Carte de la position du Grande America, 11 mars 2019

 

Ces informations seront mises à jour au fur et à mesure en fonction de l'évolution de la situation.

Sources :

Les Communiqués de presse de la Préfecture maritime de l'Atlantique.

Les communiqués de presse de la préfecture de Gironde.

Les communiqués du département de la Charente-Maritime.

 

Plus d'information :

Le "guide opérationnel à destination des autorités locales : que faire face à une pollution accidentelle des eaux ?" est destiné à aider les décideurs, notamment les collectivités territoriales, à faire face à ce genre d'évènement.