Vous êtes dans :

Collision au large de la Corse et pollution par hydrocarbures

Le 7 octobre, collision entre un porte-conteneurs et un navire roulier au nord du Cap Corse.

Le 7 octobre 2018 au matin, le navire roulier tunisien Ulysse est entré en collision avec le porte-conteneurs chypriote CSL Virginia. Au moment des faits, l'Ulysse effectuait une liaison entre Gênes et le port tunisien de Rades, quant au porte-conteneurs il était au mouillage à 28 km environ au nord du Cap Corse en pleine mer. La proue de l'Ulysse s'est encastrée dans le flanc tribord du porte-conteneurs, causant une brèche de plusieurs mètres dans les soutes du CSL Virginia. Du fioul de propulsion s'est aussitôt échappé.

A cette date, la pollution s'étendait sur environ 25 km formant 7 nappes distinctes. La météo était clémente, peu de vent et de vagues et une bonne visibilité.

Le Remorqueur d’Intervention, d’Assistance et de Sauvetage (RIAS) Abeille Flandre a rejoint les deux navires dès l’après-midi du 7 octobre. Le Bâtiment d’Assistance, de Soutien et de Dépollution (BSAD) Jason équipé de l’ensemble de ses moyens de lutte contre les pollutions  a rejoint le dispositif dans la soirée.

Le même jour, l'accord RAMOGEPOL qui unit la France, Monaco et l’Italie en cas de pollution maritime a été activé par le Préfet maritime de la Méditerranée, et le soir les opérations de lutte en mer démarraient. Un expert du Cedre était sur place.

 

Mise en place des opérations de lutte en mer, le Jason et un remorqueur
Mise en place des opérations de lutte en mer, le Jason et un remorqueur

 

Le 8 octobre, étaient arrivés sur zone (en complément de l'Abeille Flandre et du Jason) :

  • Le BSAD Ailette avec une équipe d’experts du CEPPOL
  • Le Nos Taurus (Italie), parti de Livourne
  • Le Bonassola (Italie), parti de Gènes
  • Le Koral (Italie), parti de Sardaigne

Des survols maritimes effectués, les 8 et 9, par un avion de la Marine nationale ont permis de localiser et évaluer l’étendue de la pollution, aidant à la récupération du fioul en mer par les navires français et italiens.

Le 9 octobre, le Brezzamare navire dépendant de l'AESM (Agence Européenne de Sécurité Maritime) est venu renforcer les opérations de lutte en mer. En parallèle, des tentatives de désincarcération de l'Ulysse étaient entreprises avec l'aide des navires Jason et Abeille Flandre, mais elles n'ont pu aboutir.

Le 10 octobre, près de 150 m3 de mélange hydrocarbure et eau de mer ont été récupérés et stockés à bord d'un navire.
Pendant ce temps, les opérations en vue de la désincarcération étaient toujours en cours. Elles sont menées conjointement par les marins-pompiers de Marseille, des plongeurs de la Marine nationale et du personnel de la société SMIT. Un barrage antipollution a été déployé autour des deux navires.

Le 11 octobre, les opérations de récupération du polluant en mer ont continué et dans la soirée, le navire Ulysse s'est séparé du CSL Virginia.

 

Brèche dans la coque du porte-conteneurs
Brèche dans la coque du porte-conteneurs

 

Le 12 octobre, l’Ulysse ayant obtenu l’accord de son armateur pour naviguer, a mis le cap vers un port tunisien. Le CSL Virginia, est resté au mouillage entouré d’un barrage antipollution. Le Préfet maritime a ordonné aux navires antipollution restant sur la zone de pomper les hydrocarbure demeurés en mer, aidés par les moyens aériens pour le repérage des nappes de pollution.

Le 13 octobre, la pollution en mer s’est dirigée peu à peu vers le nord. Les moyens français et italiens se sont concentrés sur la récupération des nappes les plus proches du littoral. Les conditions météorologiques favorables ont permis une bonne efficacité des moyens de lutte antipollution, à savoir, la récupération par le pompage du polluant et le chalutage des boulettes formées en mer.

Le 14 octobre, la récupération de la pollution a été facilitée grâce aux vols des avions de surveillance. De ce fait, le dispositif des 12 navires antipollution ont permis de récupérer plus de 1 000 m3 d’un mélange hydrocarbure / eau de mer. Les experts ont estimé qu’environ 30 % se sont évaporés ou ont été absorbés par le milieu. La lutte en mer va désormais se concentrer sur le chalutage des boulettes d’hydrocarbure les plus proches de la côte. 

Le 15 octobre, la météo étant particulièrement défavorable, seul le BSAD Jason a pu réaliser des opérations de récupération en mer.

Le 16 octobre, la dégradation de la météo s’étant renforcée, aucune opération de lutte n’a pu être réalisée. Les moyens de la marine nationale en ont profité pour reconfigurer leurs dispositifs de récupération en vue de pratiquer des opérations de chalutage dès l’arrivée d’une météo plus clémente.

En début d’après-midi, les premières arrivées d'hydrocarbure, sous forme de boulettes et de plaques très visqueuses ont été constatées sur le littoral dans une zone allant du cap Lardier au golfe de Saint-Tropez. Les plages et les enrochements côtiers ont été aussitôt impactés.

A 16h25, le Préfet du Var a déclenché le plan POLMAR-Terre en vue de coordonner les activités de nettoyage des côtes impactées. Dans ce cadre, il a sollicité l’expertise du Cedre qui a dépêché sur les lieux deux experts chargés d’évaluer la situation et de proposer un plan d’action permettant de nettoyer le littoral efficacement tout en respectant l’environnement.

Le 18 octobre, démarrage des opérations de lutte à terre : ramassage de boulettes, galettes et petites plaques de fioul souvent mélangées à des posidonies (plantes aquatiques présentes dans les eaux chaudes) sur les plages varoises.

Le nettoyage est assuré par les communes impactées, les pompiers et les UIISC (Unité d'Instruction et d'Intervention de la Sécurité Civile), en attendant la prise de relai par une société privée.

 

 

Ces informations seront mises à jour au fur et à mesure en fonction de l'évolution de la situation.

Sources : communiqués de presse de la Préfecture Maritime de la Méditerranée. Des vidéos et photos sont disponibles sur la médiathèque de la Marine nationale, voir communiqué de presse n°9 pour y accéder.

Communiqué de presse du MTES (Ministère de la Transition Écologique et Solidaire)

Dernière modification: 18/10/2018